samedi 17 décembre 2011

Grande traversée des Pyrénées, édition 2012... c'est reparti !!!

Grand pas en avant aujourd'hui. Ça faisait quelques temps que je réfléchissais à une alternative au GR10 pour notre prochain tronçon de traversée pyrénéenne. En effet, le tracé du GR10 sur sa partie Ariégeoise est très... comment dire... "biscornu" ?
Les étapes décrites dans le guide Cicerone sont aussi assez longues, avec de gros dénivelés.

Au regard de notre premier tronçon, j'appréhendais un peu les étapes trop longues et espérais trouver une alternative par la HRP. Or celle décrite dans le dernier guide part franchement en Espagne et n'offre que peu de possibilités de retour en France dans un délai "raisonnable" (l'idée étant une fois encore de partir sur une dizaine de jours).

Je pense avoir trouvé un juste milieu grâce à un itinéraire qui mêle un peu des deux et un peu de sentiers locaux.
Ça donne ça :


Donc de Bolquère à Saint Lizier par l'itinéraire violet, avec quelques alternatives suivant la météo (et notamment la possibilité d'aller voir en haut du Carlit s'il fait beau). L'ensemble devrait être assez sauvage...

C'est aussi moins dur (sur le papier du moins) que le GR10 : 65 km de moins (105 km au lieu de 170km) et autour de 2000 m de dénivelé économisé tant positif que négatif (D+ : 8000 m au lieu de 10 000 ; D- : 8500 m au lieu de 10 200).
Note : les données sont des estimations faites grâce à Openrunner. Elles ne sont donc pas à prendre comme argent comptant !

               GR10                                             itinéraire perso 

Bon, évidemment, ça c'est sur le papier... On verra ce qu'il en est sur place ;-)

dimanche 16 octobre 2011

Conférence d'Andrew Skurka - Trekking the wild north

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Andrew Skurka est un de ces personnages qui font évoluer la randonnée légère à chacune de leurs expéditions.

Voici la dernière en date : un voyage en boucle en Alaska.
Dans la conférence présentée ci-dessous, il en donne tous les détails (et pour les non anglophones, il reste toujours les images...)

Une traduction est disponible sur le site "randonner-léger".
Un grand merci à ceux qui l'ont réalisée :-)

Et un fichier de sous-titres est téléchargeable ici !



N'hésitez pas à aller faire un tour sur le site d'Andrew.

En plus de partager de nombreuses infos sur ses expéditions (et notamment des listes d'équipement), il nous parle aussi de ses motivations. L'ensemble est très intéressant.
Il sortira aussi un livre début 2012 : A walker's complete guide to backpacking & hiking gear


lundi 25 juillet 2011

Liste d'équipement mise à jour

J'ai fait un petit récapitulatif de l'équipement contenu dans mon sac à dos. Vous pouvez le consulter à la page liste d'équipement.
Je ferai plus tard la même chose pour le sac de Panpi.

jeudi 14 juillet 2011

Epilogue

Ben voilà, c'est devant nos 3èmes joues de porc du séjour que la décision fut prise : Bolquère marquerait la fin et le commencement.
Fin de la première partie de notre traversée des Pyrénées d'est en ouest ; début de la deuxième partie, l'an prochain.
Mais la promesse d'une météo clémente pour la nuit et le lendemain ainsi que la proximité du Carlit me laissait face à un cruel dilemne : en rester là avec mon paternel ou essayer d'aller chercher un bonus en solo ?



Comme de toute façon il nous fallait monter aux Pyrénées 2000 pour retirer de l'argent afin de prendre le train, nous en avons profité pour passer à l'office du tourisme relever la météo. Grand beau prévu. Tiens, juste à côté, n'est-ce pas le bureau de poste où nous avons envoyé notre ravitaillement ? Bingo ! C'est un signe, j'y vais !
Je laisse donc Panpi redescendre à la gare de Bolquère pour y attendre le Train Jaune (petit train "touristique" qui traverse la vallée entre l'Andorre et Villefranche) et ainsi regagner le Pays Basque. Sur la carte, Mérens n'est pas bien loin... J'imagine alors pouvoir traverser le massif d'ici le lendemain matin, en passant par le sommet du Carlit et prendre le TER comme prévu à Mérens-les-Vals en fin de matinée. Facile !

Bon, finalement, les choses ne se passeront pas vraiment comme prévu...

La montée aux Bouillouses se fait sans problème. Après avoir traversé la station de SuperBolquère, je retrouve les sentiers, puis le GR. Mais en arrivant au lac des Bouillouses, je suis accueilli par de fortes bourrasques de vent et un ciel très chargé sur le Carlit. Les nuages y restent accrochés sans parvenir à franchir l'obstacle ! Je décide d'avancer le plus possible vers le sommet, envisageant de l'atteindre au lever du jour afin de respecter mon horaire vers Mérens.



 Le lac des Bouillouses : nouveau spot de kite ?


Entre le Carlit et le lac des Bouillouses se trouvent de nombreux étangs. Le cadre est magnifique et je dois dire que j'en profiterais bien volontiers si ce n'était le grain qui semblait empêtré sur le pic. La pluie est là, et je me méfie de ces ciels de traîne souvent imprévisibles. Je décide donc de m'arrêter un instant dans un abri, une cabane en tôle, genre de container posé sur le côté de la piste. Cet instant va durer, tout comme l'averse, tant et si bien que je décide d'y bivouaquer et d'attendre la fin de la nuit pour prendre une décision.


Je suis réveillé vers minuit par des hennissements de chevaux. Puis quelques minutes plus tard, j'entends gratter dans l'abri... Je sors la tête de mon sursac et distingue une forme, dans l'ombre du coin opposé ! Je me redresse d'un coup en soufflant et vois une forme filer sous la mince clarté de la lune : un renard sans doute.
Je me rendors tant bien que mal, ce qui n'est pas évident quand on ne peut s'empêcher de laisser traîner une oreille à la recherche de nouveaux bruits suspects !

Je me réveille à nouveau vers 3 heures du matin. Je sors jeter un oeil à l'extérieur et découvre que la situation n'a guère évolué depuis la veille. Le Carlit est toujours engoncé dans une grosse masse nuageuse, le vent est toujours bien présent, et les prévisionnistes météo n'auront toujours pas grâce à mes yeux !
Dans ces conditions déplorables,  traverser perd tout intérêt. Je décide donc de faire mon sac et de redescendre à Bolquère attraper le premier train du matin.

mercredi 13 juillet 2011

Jour 11 : du refuge de l'Orry à Bolquère

S'il y a une chose sur laquelle on pourra dire avoir eu une chance insolente, c'est bien au niveau de la pluie : sur tout notre périple, nous n'aurons jamais eu à marcher sous une averse (si on met de côté ma recherche d'eau le deuxième jour ; je n'y étais pas obligé). Et cela s'est vérifié lors de la nuit passée au refuge de l'Orry, alors qu'un terrible orage s'est déchaîné toute la nuit...
Au matin, les cumulonimbus avaient laissé leur place à un joli ciel de traîne. La journée pouvait commencer !



Durée : 4h30
Distance : 12 km
Dénivelé : +370m    -610m

Deux cents mètres au sud du refuge, le GR traverse la rivière puis serpente à flanc de montagne avant de descendre sur Planès. Nous retrouvons alors la civilisation.
Le "chemin" traverse alors plusieurs villages avant de remonter vers SuperBolquère et les Pyrénées 2000 et retrouver la forêt.


Le carnet de Panpi :


"Réveil un peu tardif pour constater que la météo avait l’air de s’arranger un peu. Échanges avec nos compagnons de la nuit, surtout sur le matériel et le poids des sacs, une fois de plus. Combien de randonneurs voyageant avec des sacs bien trop lourds !! 
Dès le départ pour cette nouvelle journée, je ressentais une fatigue de plus en plus prégnante et j’en faisais part à Johann. Continuer ou raccourcir ce périple : pour la 1ere fois je pesais le pour et le contre, car je redoutais les 2 derniers jours. Si trop de fatigue, il n’y aurait plus de plaisir et si il y avait des étapes où je voulais savourer, c’était bien celles autour du lac des Bouillouses. 
Pour l’heure , nous marchons, rencontrons Ariane, la Suissesse qui s’était vue contrainte à ralentir son voyage avec les Québècois suite à une blessure. 
Arrivée à Planès avec de plus en plus de fatigue et nous décidons de nous restaurer à La Perche, dans un petit restaurant. Johann a compris que j’étais un peu au bout du rouleau, déjà très content et fier d’être allé jusque là. En repartant nous filons à la gare de Bloquère. Hélas, nous n’avons plus un sou de liquide et le seul distributeur se trouve aux Pyrénées 2000. Une nouvelle rencontre nous permettra de nous y rendre en voiture. Johann, qui pensait rentrer avec moi, après avoir consulté la météo, envisage de continuer vers le Carlit pour en faire l’ascension et me laisse rentrer seul. Je comprends très bien son envie et nous nous quittons devant le bureau de poste où nous avons récupéré le 2ème colis de nourriture. Je le laisse aller vers sa « solitaire » bien méritée et je redescends vers le « petit train jaune » de la vallée. 

La 1ere partie de notre périple se trouve un peu écourtée mais je pense raisonnable de m’arrêter là pour cette année, mais une chose est sûre : je repars l’an prochain. 
Un regret peut-être : ne pas avoir fait ce voyage plus jeune, mais cela est largement compensé par le fait de le vivre avec Johann. La 1ere étape s’achève et je voudrai dire combien je suis reconnaissant à mon fils ainé de sa patience, de son attention et de sa gentillesse à mon encontre. C’est un moment de partage sans égal. J’ai déjà partagé avec mes deux fils pendant la traversée des Pyrénées basques et je savoure la richesse de ces tranches de vie. Johann ne montera pas au sommet du Carlit cette année, à cause d’une météo défavorable et rejoindra, lui aussi, le « petit train jaune » le lendemain : à moins que les laminaks n’aient pas voulu le laisser y aller sans moi."


Le parcours de la journée sur Openrunner.


Conclusions de Panpi : beaucoup de positif et bien sûr quelques aménagements à apporter.

+ mon sac 7kg600 sans eau
+ matériel efficace, pas de casse
- le sommeil et la récupération : à améliorer absolument (sans mes soucis de sommeil, je finissais le périple)
- nourriture : un peu plus riche en ce qui me concerne
- cartes : plus complètes si possible [hum... ce n'est pas toi qui faisait l'orientation que je sache...]

- éviter des grimpettes inutiles et fatigantes avec des variantes [ah, je comprends mieux la remarque précédente ;-)  ]

+ santé : pas de problèmes graves . Petites douleurs normales et anticipation quotidienne sur les petits bobos : échauffement, irritations, hygiène etc……

mardi 12 juillet 2011

Jour 10 : de la cabane de l'Alemany au refuge de l'Orry

Monter, descendre, monter, descendre. Bienvenue dans les montagnes "russes".
Journée usante pour les articulations... sous un ciel menaçant qui nous incitera à ne pas trop lambiner en chemin.



Durée : 8h30
Distance : 13,6 km
Dénivelé : +1090m -1240m

La zone dans laquelle nous avons évolué ces deux derniers jours est une invitation à la découverte. De parole de bergers, si on sait s'écarter un peu du GR et aller voir se qui se cache au détour des vallons, la récompense est grande (lacs, isards...). Un bel endroit à explorer.
Donc parcours toujours aussi bien balisé et nuit au refuge de l'Orry (le bien-nommé, voir plus loin). A une cinquantaine de mètres plus au sud, en contrebas, il y a aussi une belle aire de bivouac (que nous n'avions malheureusement pas vue - ou heureusement au regard de l'orage qui éclata cette nuit là !).



Le carnet de Panpi :
"Réveil aux aurores et petit déjeuner avec nos compagnons d’une nuit et leur chien. Ils vont vers l’est avec leur compagnon à quatre pattes qui porte lui-même sa nourriture dans un petit sac à dos. Pas de fainéant ! Et voilà, c’est reparti pour une nouvelle longue étape, alors que je suis un peu fatigué par le manque de sommeil (il me faut trouver une solution pour l’an prochain) et un peu inquiet quant à mes capacités à terminer ce raid. Johann en est conscient et nous discutons sur un éventuel aménagement et sur les modifications à apporter pour l’an prochain. 
Pour l’heure, échauffement avec une super grimpette de la mort, mais quel bonheur de parvenir au sommet et de découvrir encore un splendide paysage, toujours dans la réserve de Catalogne. C’est vraiment superbe ! Suit une longue descente sur le refuge de la Carança : tout est long ici ; les montées, les descentes, c’est sans doute le prix à payer ! Heureusement les paysages sont variés et magnifiques. 
Et nous voici arrivés au refuge de la Carança où nous raclons le fond de nos poches pour nous payer un rafraîchissement (plutôt emmener un chéquier qu’une carte bleue dans ces contrées). Un peu de repos et nous repartons vers le col avant que le temps ne se dégrade, car les crêtes sous l’orage, mieux vaut éviter. C’est parti et nous décidons de prendre une route forestière plutôt que le GR10, inutilement pentu et difficile. Nous croisons le gardien du refuge qui redescend avec son âne, chargés du ravitaillement : ce n’est pas la porte à côté pour faire les courses, ici ! 
Au col, nous ne trainons pas trop et enchainons avec une descente caillouteuse et pas trop intéressante. Nous terminons sous l’orage naissant et nous nous abritons quelques instants dans un Orry [ces petits abris faits de pierres plates empilées]
Fin du parcours vers le refuge de l’Orry par une longue montée forestière. Le refuge est divisé en deux : refuge pastoral d’un côté et refuge randonneurs de l’autre. Un berger et son border collee travaillent dans cette magnifique vallée et aussi dans celle de Carança. Discussion intéressante avec le berger et arrivée de 3 randonneurs. Ce soir Johann améliore l’ordinaire avec une soupe, excusez du peu ! C’est la fête grâce à son super réchaud. Nuit très orageuse et nous sommes heureux d’avoir un toit au-dessus de la tête, vu ce qui dégringole du ciel."



Le parcours de la journée sur Openrunner en cliquant là.

lundi 11 juillet 2011

Jour 9 : du Refuge des Mariailles à la cabane de l'Alemany

Si je devais diviser notre périple en grandes "tendances", je dirais ceci :
- Entre Banyuls et Amélie-les-Bains, c'est comme faire démarrer un diesel par grand froid avec une bougie de préchauffage foireuse : on a l'impression que ça va démarrer, mais non, après quelques toussotements, on se retrouve au point de départ. Les descentes successives au Perthus, à Las Illas puis à Amélie-les-Bains, c'est tout pareil : on se demande quand on va s'extraire de la ville.
- D'Amélie au refuge des Mariailles, on mange son pain blanc : le paysage est magnifique, on est en montagne, le sentier se dévore sans faim. Bref, on aimerait que ça dure éternellement.
- Puis à partir des Mariailles, et ce jusqu'à la vallée de Font-Romeu,c'est un peu l'étape montagne du Tour de France : on enchaîne les cols (hors catégorie !) Bon, ça reste très beau quand même...



Durée : 8h30
Distance : 16,5 km
Dénivelé : +1320m -1070m

 Le parcours est encore une fois très bien indiqué tout du long (les gens que nous avions croisé deux jours plus tôt avant les Cortalets nous avaient dit que le balisage était revu tous les ans !). Néanmoins, il est possible de faire plus court (et sans doute pas forcément moins joli...) en empruntant le sentier du Tour des Réserves naturelles, qui démarre au sud du refuge des Mariailles.
La montée de Py jusqu'au col de Mantet (+800m) en début d'après midi sous le cagnard n'était peut-être pas la meilleure des idées, mais bon, on trouve un peu d'ombre sur le parcours, alors ça se fait...
Une fois au col, on découvre le vallon de l'Alemany et là, c'est comme au cinéma : un cadre incroyable, d'une beauté presque irréelle (et je n'ai pas tendance à exagérer) tant l'harmonie du paysage et l'équilibre des couleurs semblent parfaits...




Le carnet de Panpi :
"Départ vers 7h pour le refuge d’Alemany, jonction longue et sans doute fatiguante, mais bon, on verra. La descente sur le village de Py s’avère longue tout en étant très agréable dans son premier tronçon (forêt, ombrages, rivières). 
Nous parvenons enfin à Py et la chaleur montant (chez moi aussi), nous nous arrêtons dans un « bistrot du pays », celui de Py étant tenu par Christine qui voit en nous ses premiers clients de la journée. Tout en continuant à nettoyer sa terrasse, elle commence à nous raconter sa vie. Entre temps, nous avions retrouvé les anglais de Mariailles qui doivent approcher les 70-75 ans faciles et qui souhaitaient trouver un moyen de transport pour regagner Villefranche et la civilisation. Vous connaissez Johann : il prend les choses en mains, téléphone, se renseigne, collabore avec Christine la locale,(car entre temps les anglais ont débarqué au bistrot de pays, eux aussi). Bon, du coup, nous décidons de manger et Christine nous confie le bistrot pour aller s’occuper de ses gosses, avant de cuisiner : spécial les bistrots de pays ! Elle revient peu après nous préparer un petit repas, pendant que son bistrot s’est rempli et affiche complet, randonneurs et motards à l’appui. Du coup, un peu débordée, Christine ! 
Johann finalise avec les anglais et nous décidons de repartir doucement vers Mantet, et là bonjour les dégâts : ma pire ascension, crevé, trop chaud, trop long et trop pentu, si bien que l’arrivée au col de Mantet se fera douloureusement. Après un petit repos bien agréable (splendide paysage de la  réserve naturelle) nous repartons vers le village de Mantet, et là nous atterrissons dans le deuxième « bistrot de pays » de la journée. Une petite mousse, un peu de repos et je me sens prêt à affronter la dernière montée de la journée, vers le refuge d’Alemany. 
Une longue mais agréable marche, et 1h 30 plus tard, nous arrivons au refuge où un jeune couple de randonneurs est déjà couché. Un repas et une installation dans le silence (le respect est encore de mise, là-haut) dans ce refuge apparemment sympa. Nuit moyenne car le sommier laisse à désirer et le matelas n’en peut plus Quelques compagnes de nuit qui courent le long des poutres (je ne peux m’empêcher d’imaginer Mylène ici) , mais mieux vaut des rongeurs que des ronfleurs."



La cabane de l'Alemany


La carte du parcours de la journée sur Openrunner en cliquant ici.